Ouvrir son magasin de vêtements : tout savoir

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Que faut-il savoir avant d’ouvrir son magasin de vêtements ? Peut-on s’installer en tant qu’auto-entrepreneur ? Quels sont les facteurs de réussite ?

On compte plus de 40 000 boutiques d’habillement en France, qu’il s’agisse de vêtements pour hommes, femmes ou enfants.

Les boutiques de prêt-à-porter féminin sont les plus nombreuses. Deux tiers des boutiques se situent en centre-ville.

Environ la moitié des dirigeants ou dirigeantes de boutiques de prêt-à-porter exercent sous le statut d’entrepreneur individuel ; l’autre moitié exerce sous la forme de société (SARL, EURL, SAS, SASU).

Le taux de création d’entreprise dans le secteur du prêt-à-porter est élevé. Ce dynamisme général cache une recomposition accélérée du secteur qui se traduit par la progression des chaines de franchise, un nombre important de transmissions de fonds de commerce, ainsi que la concentration dans et autour des grandes villes au détriment des zones géographiques diffuses.

Voici tout ce qu’il faut savoir avant d’ouvrir son magasin de vêtements.

Ouvrir son magasin de vêtements > le marché du prêt-à-porter et de la mode en France.

Depuis 2009, le marché français du prêt-à-porter souffre de la crise, avec une très forte baisse du panier moyen et du chiffre d’affaires.

La dépense annuelle moyenne d’habillement par ménage, qui s’établissait autour de 1150 € avant la crise, est tombée à moins de 1000 €. Le chiffre se redresse toutefois depuis 2015.

Le marché du prêt-à-porter en boutique se caractérise par les éléments suivants :

  • Le poids important des détaillants multimarques (indépendants non affiliés, non franchisés) qui représentent environ 58% du total des points de vente,
  • La progression du nombre de points de vente affiliés (18% du total) et franchisés (19% du total),
  • Des tendances de mode impulsées par quelques enseignes qui dominent le jeu et qui ne connaissent pas la crise : H&M, Zara… A l’inverse, certaines grandes enseignes moins innovantes ont été fortement impactées par la crise,
  • Une concurrence de plus en plus importante des boutiques en ligne, qui sont passées en 7 ans de 5% à près de 20% des ventes de prêt-à-porter en France. A noter que les grandes enseignes se dotent elles-aussi de boutiques en ligne performantes,
  • Une concentration des boutiques de prêt-à-porter et de mode dans les grands pôles urbains (métropoles régionales et côte méditerranéenne) au détriment des villes secondaires,
  • Une concentration des boutiques dans les centre-ville, au détriment des périphéries et banlieues des villes,
  • Un chiffre d’affaires moyen de 400 000 € par boutique, mais qui cache de fortes disparités,
  • Des ventes très sensibles aux aléas de la météo (hiver froid ou doux, printemps agréable ou pluvieux…), et donc susceptibles de varier fortement d’une année à l’autre,
  • 6 sous-segments de marché principaux :
    • vêtements féminins : 25% du marché
    • vêtements masculins : 17%
    • chemises : 16%
    • pull-overs et articles similaires : 14%
    • sous-vêtements et vêtements de nuit : 13%
    • vêtements de sport, cuir et chaussettes : 11%
    • vêtements pour bébés : 5%
  • des détaillants multi-marques fortement tributaires des modes et des tendances, et de la capacité de leurs fournisseurs à impulser ou à suivre ces tendances,
  • des périodes de soldes de moins en moins profitables, du fait des réductions et remises pratiquées de plus en plus fréquemment tout au long de l’année.

Ouvrir son magasin de vêtements > les clés de la réussite pour une boutique de prêt-à-porter.

La réussite d’un magasin de vêtements réside en grande partie dans les qualités du commerçant.

Le métier de commerçant en prêt-à-porter n’est pas difficile physiquement mais les horaires peuvent être contraignants : ouvertures les samedi, mercredi, le soir, ou certains jours de fermeture classique en cas de forte affluence. Cela peut se révéler incompatible avec une vie de famille normale.

D’autre part, le commerçant doit savoir résister au stress et aux baisses de moral dans les périodes de faible affluence.

Un bon commerçant doit cultiver les qualités suivantes :

  • souriant et avenant,
  • bon communiquant,
  • bon conseiller,
  • convaincant,
  • bon négociateur (notamment pour ce qui concerne les relations avec les fournisseurs),
  • bon gestionnaire,
  • prévoyant,
  • créatif.

Voir aussi notre article : Les 20 qualités d’un bon chef d’entreprise.

Ouvrir un magasin de vêtements ne s’improvise pas ! Les facteurs-clés de réussite pour un magasin de vêtements sont les suivants :

  • la capacité à trouver un bon emplacement (voir notre article dédié),
  • la capacité à négocier un loyer le plus faible possible (voir notre article consacré aux baux commerciaux),
  • la capacité à trouver les bons fournisseurs et à identifier les produits les plus attractifs,
  • la capacité à négocier les meilleures conditions avec les fournisseurs et partenaires,
  • la capacité à renouveler l’offre en suivant les tendances les plus porteuses,
  • un merchandising bien étudié (voir notre article dédié),
  • la capacité à aller chercher les clients à l’extérieur du magasin,
  • la capacité à fidéliser les clients (voir notre article dédié),
  • la capacité à conseiller aux mieux la clientèle afin d’augmenter le panier moyen.

Voir aussi notre article : Comment faire entrer plus de clients dans son magasin ?

Ouvrir son magasin de vêtements > les normes et réglementations.

Il n’y a pas de diplôme obligatoire pour s’installer en tant que commerçant, ou pour monter son magasin de vêtements.

Les principales normes à respecter sont les suivantes :

  • Normes de sécurité et d’accessibilité :
    • normes relatives aux ERP (établissements recevant du public) : sécurité incendie, extincteurs,
    • accessibilité des locaux aux personnes handicapées,
  • Affichage des prix à l’extérieur et à l’intérieur de l’établissement,
  • Affichages obligatoires à l’attention du personnel,
  • Obligation de payer une cotisation à la Sacem, si de la musique est diffusée dans l’établissement (radio, télévision…),
  • A noter qu’il n’est pas obligatoire de mettre des toilettes à disposition de la clientèle.

Ouvrir son magasin de vêtements > quel est le meilleur statut juridique ?

Dans tous les cas, l’activité étant de nature commerciale, la création de l’entreprise se fera auprès du centre de formalités de la Chambre de Commerce et d’Industrie.

Les différents statuts envisageables pour un commerçant seul sont :

  • La micro-entreprise (ex-auto-entreprise) : c’est un statut très simplifié mais peu adapté pour ce type d’activité ; en effet, ouvrir un magasin de vêtements nécessite souvent un investissement important, la constitution de stocks, la signature de baux commerciaux et de documents juridiques, autant d’éléments qui plaident pour un statut plus crédible,
  • L’entreprise individuelle en nom propre (EI) : c’est un statut adapté mais qui peut réserver quelques surprises en ce qui concerne le paiement des cotisations RSI ; en effet, ces dernières étant calculées sur les bénéfices de l’année, elles sont susceptibles de varier brutalement d’une année à l’autre (régularisations douloureuses à la clé),
  • L’EIRL : même remarque que pour l’EI. Toutefois, l’EIRL permet de protéger son patrimoine personnel mieux qu’en EI,
  • L’EURL (SARL à associé unique) : c’est certainement le statut le plus adapté pour l’activité de commerçant en prêt-à-porter. Le gérant détermine lui-même sa rémunération, qui sert de base au calcul des cotisations RSI,
  • La SASU : ce régime juridique est adapté mais plus coûteux que l’EURL en terme de paiement des charges sociales,
  • Pour plus de détails sur les différents statuts possibles, cliquez sur chacun des liens ci-dessus.

Ouvrir son magasin de vêtements > les étapes de la création ou de la reprise.

Voici les principales étapes pour s’installer en tant que commerçant en boutique de prêt-à-porter :

Ouvrir son magasin de vêtements > quel budget ?

Une bonne partie du coût de l’installation sera conditionnée par le choix du local commercial :

  • Paiement du droit au bail ou du pas-de-porte,
  • Frais d’ouverture de compteurs (eau, électricité, gaz, internet),
  • Caution et dépôt de garantie,
  • Frais de notaire pour la signature du bail,
  • Eventuels travaux,
  • Aménagements intérieur,
  • Décoration, meubles et articles de merchandising.

Les autres dépenses de démarrage et investissements à prévoir :

  • Frais d’établissement (frais de création de l’entreprise),
  • Droits d’entrée de réseaux de franchise (50 000 € en moyenne),
  • Acquisition du stock,
  • Acquisition de matériel de bureau, fournitures, ordinateur, imprimante,
  • Coût de l’enseigne et des éléments de communication (cartes de visite, brochures, logo, site internet…),
  • Coût des événements et publicité de lancement,
  • Trésorerie de démarrage.

Le budget nécessaire pour ouvrir un magasin vêtements est en réalité très variable (de 20 000 € à 1 000 000 € voire plus), en fonction du lieu d’implantation ou de l’ampleur des travaux à effectuer. Dans tous les cas, ouvrir un magasin de vêtements sans budget ou sans apport est peu réaliste.

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