S’installer en tant que fleuriste

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Comment devenir fleuriste à son compte ? Peut-on s’installer en tant qu’auto-entrepreneur ? Quel chiffre d’affaires prévoir la première année ? Quels sont les facteurs de réussite ?

On compte plus de 15 500 fleuristes en France, qui réalisent un chiffre d’affaires d’environ 1 milliard d’€ par an.

Les fleuristes représentent plus du tiers de la commercialisation de fleurs et plantes, aux côtés de leurs concurrents : jardineries, grandes surfaces, pépinières et vendeurs sur les marchés.

Du fait de leur professionnalisme et de leur créativité, les fleuristes restent la référence de la vente de fleurs et plantes aux yeux des clients, ce qui a tendance à les protéger des nouvelles formes de concurrence.

Les fleuristes commercialisent principalement des fleurs coupées (à l’unité ou en bouquet), des plantes fleuries, et des plantes non fleuries.

Le marché des fleurs en France.

Depuis 2009, le marché français de la fleur souffre de la crise, avec une baisse du panier moyen, les clients demandant des compositions et bouquets moins coûteux. Pourtant, les volumes de vente ont tendance à se maintenir, ce qui montre une certaine stabilité des besoins : l’acte d’achat reste incontournable.

Sur le long terme, la panier moyen progresse : il s’établit aujourd’hui à environ 225 € par an, tous types d’achats (plantes et fleurs) et de réseaux confondus.

Le marché de la fleur présente les caractéristiques suivantes  :

  • le marché est extrêmement large mais très concurrentiel : les fleuristes voient se développer une concurrence venant des jardineries, des grandes surfaces, des supérettes, des magasins de bricolage, ou encore des boutiques de décoration. Les fleuristes gardent cependant un important avantage sur le sous-segment des compositions florales.
  • forte saisonnalité : plus de 25% des ventes concernent des événements ou fêtes récurrentes, au premier rang desquelles la Saint-Valentin, la Fête des Mères, les fêtes de fin d’année, ou encore la Toussaint. Cependant les fêtes familiales (mariages, anniversaires, baptêmes) contrebalancent cet aspect.
  • le marché est dominé par les fleuristes indépendants, mais les réseaux de franchise se développement rapidement (Monceau Fleurs, Florajet, Le jardin des fleurs, Au nom de la rose, etc). Les boutiques en franchise sont celles qui connaissent la plus forte progression de chiffre d’affaires.
  • les principaux sous-segments de marché sont les suivants :
    • plantes et fleurs d’intérieur : 45% du marché, dont :
      • plantes fleuries en pot : 37%
      • fleurs coupées à l’unité (roses notamment) : 20%
      • bouquets de fleurs coupées : 18%
      • présentations florales : 16%
      • plantes vertes en terre : 9%
    • végétaux d’extérieur : 30%
    • plantes de cimetière : 25%
  • les meilleurs clients des fleuristes sont les femmes de plus de 55 ans.
  • la catégorie de clientèle la moins porteuse est celle des hommes de moins de 35 ans qui sont célibataires.
  • la plupart des achats sont faits pour offrir.
  • enfin, rappelons que 75% du marché mondial des fleurs transite par les Pays-Bas (Hollande).

Les clés de la réussite pour un fleuriste indépendant.

La réussite d’une activité de fleuriste réside en grande partie dans les qualités du chef d’entreprise.

Le métier de fleuriste est assez difficile : on travaille généralement debout, dans l’humidité et le froid. Les horaires sont souvent contraignants, avec des ouvertures tardives, sans compter les dimanches et les jours fériés. C’est aussi un métier qui comporte des risques, par exemple en terme d’allergies.

Un bon fleuriste est un fleuriste compétent sur le plan technique et artistique, mais aussi sur le plan de la gestion et de la communication. Il est :

  • passionné,
  • cultivé, c’est-à-dire expert en plantes et en fleurs,
  • créatif et innovant : il doit être reconnu pour l’originalité et la beauté de ses compositions,
  • commercial et communicant : il conseille ses clients avec plaisir et bienveillance.

Voir aussi notre article : Les 20 qualités d’un bon chef d’entreprise.

Pour réussir, le fleuriste veillera à adopter un positionnement porteur, adapté à son marché :

  • proposer un bon niveau de qualité (fraicheur, diversité) et un niveau de gamme assez élevé afin de fidéliser et d’augmenter le panier moyen,
  • développer une image « professionnelle », experte et créative pour se distinguer de la concurrence indirecte et des réseaux de franchise,
  • fidéliser la clientèle par des événements, des animations, ou des abonnements.

Les normes et réglementations de la profession de fleuriste.

Qualification professionnelle.

Le fleuriste étant un artisan à part entière, il devra obligatoirement justifier d’un diplôme : CAP fleuriste, BP (brevet professionnel) ou BM (brevet de maîtrise) fleuriste, BTS… Parmi les diplômes possibles pour exercer en tant que fleuriste, on trouve aussi le Bac pro horticole.

A défaut il faudra justifier d’une expérience professionnelle suffisante pour pouvoir s’installer, par exemple en tant qu’employé en magasin de fleurs.

Les principales normes à respecter :

  • Normes de sécurité et d’accessibilité :
    • normes relatives aux ERP (établissements recevant du public) : sécurité incendie, extincteurs,
    • accessibilité des locaux aux personnes handicapées,
  • Affichage des prix à l’extérieur et à l’intérieur de l’établissement,
  • Affichages obligatoires à l’attention du personnel,
  • Obligation de payer une cotisation à la Sacem, si de la musique est diffusée dans l’établissement (radio, télévision…).

Quel est le meilleur statut juridique pour un fleuriste à son compte ?

Dans tous les cas, l’activité étant artisanale, la création de l’entreprise se fera auprès du centre de formalités de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat.

Les différents statuts envisageables pour un fleuriste seul sont :

  • La micro-entreprise (ex-auto-entreprise) : c’est un statut très simplifié mais peu crédible pour ce type d’activité ; à noter que le diplôme de fleuriste reste obligatoire pour pouvoir s’installer,
  • L’entreprise individuelle en nom propre (EI) : c’est un statut adapté mais qui peut réserver quelques surprises en ce qui concerne le paiement des cotisations RSI ; en effet, ces dernières étant calculées sur les bénéfices de l’année, elles sont susceptibles de varier fortement d’une année à l’autre,
  • L’EIRL : même remarque que pour l’EI. Toutefois, l’EIRL permet de protéger son patrimoine personnel mieux qu’en EI,
  • L’EURL (SARL à associé unique) : c’est certainement le statut le plus adapté pour l’activité de fleuriste. Le gérant détermine lui-même sa rémunération, qui sert de base au calcul des cotisations RSI,
  • La SASU : ce régime juridique est adapté mais plus coûteux que l’EURL,
  • Pour plus de détails sur les différents statuts possibles, cliquez sur chacun des liens ci-dessus.

Les étapes de la création ou de la reprise d’une entreprise de fleuriste.

Voici les principales étapes pour s’installer en tant que fleuriste :

Quel budget pour s’installer en tant que fleuriste ?

Tout d’abord, s’installer en tant que fleuriste implique d’identifier un local comprenant :

  • une surface de vente,
  • un atelier,
  • une chambre climatique,
  • prévoir éventuellement un camion réfrigéré pour les livraisons.

Voici les principales dépenses de démarrage et investissements à prévoir :

  • Frais d’établissement : ce sont les frais de création de l’entreprise,
  • Frais d’ouverture de compteurs (eau, électricité, gaz),
  • Formations et stages obligatoires,
  • Droits d’entrée de réseaux de franchise (50 000 € en moyenne),
  • Paiement du droit au bail ou du pas-de-porte,
  • Caution et dépôt de garantie,
  • Frais de notaire ou d’avocat,
  • Travaux et aménagements, décoration,
  • Acquisition des outils et matériel professionnel,
  • Acquisition de matériel de bureau, fournitures, ordinateur, imprimante,
  • Stock de plantes et de fleurs,
  • Coût de l’enseigne et des éléments de communication (cartes de visite, brochures, logo, site internet…),
  • Coût des événements et publicité de lancement,
  • Trésorerie de démarrage.

Le budget nécessaire pour ouvrir un magasin de fleurs est en réalité très variable (de 10 000 € à 150000 € voire plus), en fonction du lieu d’implantation ou de l’ampleur des travaux à effectuer. Dans tous les cas, s’installer fleuriste sans apport est peu réaliste.

Quel chiffre d’affaires espérer ?

Le chiffre d’affaires prévisible pour la première année d’activité est estimé, selon les cas, entre 30 000 € et 120 000 €.

Enfin, le chiffre d’affaires moyen d’un magasin de fleurs en rythme de croisière tourne autour de 70 000 € par an.

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