Créer ou reprendre un institut de beauté

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Comment créer un institut de beauté ? Que faut-il savoir avant d’ouvrir ou de reprendre un institut de beauté ?

On compte plus de 35 000 instituts de beauté en France, soit autant que de boulangeries.

Le chiffre d’affaires moyen d’un institut de beauté est de 70 000 € par an, et chaque établissement comprend 1 salarié en moyenne.

L’institut de beauté reste une valeur sûre et en progression malgré les effets de la crise.

Créer un institut de beauté : le marché.

Le marché de l’esthétique en institut de beauté présente les caractéristiques suivantes  :

  • un marché dominé par les instituts de beauté indépendants non rattachées à un réseau (bien que leur nombre soit en baisse),
  • une forte capacité des fournisseurs à imposer leurs conditions : le pouvoir ne négociation des instituts indépendants est souvent limité face aux grandes marques de la cosmétique professionnelle. Toutefois, la concurrence entre les grandes marques et l’apparition de nouvelles marques offre de nouvelles opportunités,
  • un marché à fort potentiel : seulement 10% des femmes et 2% des hommes fréquentent les instituts de beauté,
  • une forte concurrence de la part des autres réseaux (salons de coiffure allant vers l’esthétique, parapharmacies ou parfumeries proposant des soins comme Beauty Success, marques de cosmétiques créant leurs propres réseaux d’instituts comme Yves Rocher…),
  • une activité tributaire de la crise : les ménages réduisent en priorité leurs dépenses de cosmétique ou d’esthétique en cas de difficultés,
  • sur le plan juridique, le corps médical est attentif à ce que les esthéticiennes ne concurrencent pas les kinésithérapeutes.

Les principales tendances du marché de l’esthétique et de l’institut de beauté sont les suivantes :

  • les instituts développent une offre de soins à plus forte valeur ajoutée (massage exotiques, utilisation de machines, sauna, hammam…), ce qui nécessite des investissements importants,
  • les indépendants se regroupent de plus en plus autour d’enseignes spécialisées ou de réseaux de franchise (manucure, bronzage, amincissement, épilation low cost…) ; ces-derniers représentent désormais un tiers du marché,
  • les instituts essaient de plus en plus de fidéliser la clientèle à travers des forfaits ou des abonnements,
  • les instituts travaillent de plus en plus avec des marques de produits naturels ou biologiques.

Ouvrir un institut de beauté indépendant : les clés de la réussite.

La réussite d’un institut de beauté réside en grande partie dans les qualités de son dirigeant(e).

Le métier d’esthéticien(ne) est particulièrement exigeant et comporte des risques, notamment en terme d’allergies ou de santé (problèmes de dos, fatigue…). Le responsable d’institut de beauté doit être bon techniquement, mais aussi sur le plan de la gestion et du management. Il ne doit pas montrer son stress aux clients, ces derniers recherchant calme et détente.

Voir aussi notre article : Les 20 qualités d’un bon chef d’entreprise.

Le dirigeant veillera à adopter un positionnement porteur pour son institut de beauté, adapté à son marché :

  • privilégier si possible le haut de gamme afin d’augmenter le panier moyen,
  • développer une image “professionnelle” pour se distinguer de la concurrence indirecte,
  • être irréprochable sur la qualité : chaque client doit se sentir unique,
  • développer le chiffre d’affaires de vente de produits pour compléter les revenus des soins,
  • fidéliser la clientèle par des événements, des animations, ou des abonnements.

Ouvrir un institut de beauté : les normes et réglementations.

La qualification professionnelle.

Pour exercer en esthétique, un diplôme est obligatoire (CAP-BEP) ; à défaut il faudra justifier d’au moins 3 ans de pratique professionnelle en tant que gérant d’institut, salarié ou professionnel indépendant.

Ne sont pas soumis à qualification professionnelle :

  • Les soins non esthétiques : soins de confort uniquement, ou modelages à visée non-esthétique,
  • Les activités de prothésiste ongulaire (pose, dépose, décoration, vernis), hors manucure.

Les normes à respecter.

  • Normes de sécurité et d’accessibilité :
    • normes relatives aux ERP (établissements recevant du public) : sécurité incendie, extincteurs,
    • accessibilité des locaux aux personnes handicapées,
  • Normes d’hygiène,
  • Affichage des prix des prestations à l’extérieur et à l’intérieur de l’établissement (seuls les prix des prestations les plus courantes peuvent être affichés à l’extérieur),
  • Affichages obligatoires à l’attention du personnel,
  • Interdiction des activités médicales. Les esthéticiennes ne peuvent pas communiquer sur le terme de “massage”, qui est réservé au kinésithérapeutes. Elles peuvent utiliser le terme de modelage, entendu comme un soin esthétique et de confort,
  • Epilation : sauf exception, seules les techniques d’épilation à la pince ou à la cire sont autorisées. Les autres techniques ne peuvent être pratiquées que par des médecins, bien que des évolutions soient prévues,
  • Bronzage : une législation précise encadre les prestations de bronzage en cabine :
    • interdiction d’accès aux personnes de moins de 18 ans,
    • obligation d’afficher le diplôme ou l’attestation de qualification,
    • obligation de mettre à disposition des lunettes de protection,
    • obligation d’afficher des mentions légales concernant la catégorie des machines et les risques pour la santé des utilisateurs, y compris sur les publicités;
    • obligation d’afficher un avertissement sanitaire de façon visible et lisible à proximité de l’appareil, décrivant le mode d’utilisation et les risques en cas de mauvaise utilisation.

Quel statut juridique pour lancer son institut ?

Tout d’abord, il s’agit d’une activité artisanale. La création de l’entreprise se fera donc auprès du centre de formalités de la Chambre des Métiers.

Les différents statuts envisageables pour une personne seule sont :

  • La micro-entreprise (ex-auto-entreprise) : c’est un statut très simplifié mais peu crédible pour ce type d’activité, sauf si l’activité est exercée à domicile,
  • L’entreprise individuelle en nom propre (EI) : c’est un statut adapté mais qui peut réserver quelques surprises en terme de paiement des charges sociales ; en effet, ces dernières étant calculées sur les bénéfices, elles sont susceptibles de varier fortement d’une année à l’autre,
  • L’EIRL : même remarque que pour l’EI. Toutefois, l’EIRL permet de protéger son patrimoine personnel mieux qu’en EI,
  • L’EURL (SARL à associé unique) : c’est un statut bien adapté, dans lequel le gérant détermine lui-même sa rémunération, qui sert de base au calcul des charges sociales,
  • La SASU : ce régime juridique est comparable à l’EURL mais permet d’éviter la Sécurité Sociale des Indépendants (ex RSI) ; c’est un des statuts les plus adaptés. Voir notre offre de création de SASU en ligne (tarifs les moins chers du marché).

Ouvrir un institut de beauté : les étapes de la création ou de la reprise.

Voici les principales étapes pour s’installer en tant que responsable d’un institut de beauté :

Voir aussi notre article : Créer une marque de cosmétiques.

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