S’installer en tant qu’art-thérapeute indépendant

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Comment s’installer en tant qu’art-thérapeute ? Quelles sont les conditions d’installation d’un art-thérapeute en exercice libéral ? Peut-on exercer ou ouvrir son cabinet sans diplôme ?

L’art-thérapie est une technique de développement personnel et une méthode de soin qui utilise le potentiel de création artistique de l’individu à des fins psychothérapeutiques. Le but est d’amener le patient à mieux exprimer ses difficultés personnelles et à les dépasser, par la création artistique.

Véritablement née dans les années 1960, l’art-thérapie, branche de la « médiation thérapeutique », est une technique de soin en plein développement en France comme dans les autres pays européens.

Le terme d’art-thérapie recouvre lui-même des réalités multiples, allant de la médiation artistique pratiquée par un artiste, à la psychothérapie pratiquée par un psychiatre ou un psychothérapeute.

L’art-thérapeute utilise principalement la peinture, l’argile, le collage, le dessin, la pâte-à-modeler, l’écriture (calligraphie), mais aussi la danse et le théâtre dans ses protocoles de soin.

Voici tout ce qu’il faut savoir pour s’installer comme art-thérapeute.

La réglementation et les diplômes pour devenir art-thérapeute.

Pour rappel, il n’existe en France que quelques titres reconnus :

  • psychologue : titre protégé et reconnu par l’État depuis 1985 (tout psychologue doit avoir fait des études universitaires de psychologie jusqu’au mémoire de Master 2),
  • psychiatre : ce dernier est un médecin à part entière,
  • psychopraticien : c’est un terme qui succède à l’ancienne appellation psychothérapeute. Depuis 2010, c’est un titre « réservé » : la loi impose l’inscription des professionnels au registre national des psychothérapeutes. Sont autorisés à utiliser le titre de psychothérapeute :
    • les psychiatres,
    • les psychologues (sous réserve d’avoir effectué un stage obligatoire),
    • les médecins non psychiatres (sous réserve d’avoir effectué une formation et un stage obligatoires),
    • les psychanalystes (sous réserve d’avoir effectué une formation et un stage obligatoires),
    • les autres professionnels (sous réserve d’avoir effectué une formation et un stage long),
  • enfin, la profession de psychanalyste n’est à ce jour pas réglementée par l’Etat.

Et l’art-thérapie dans tout ça ?

L’art-thérapie peut être exercée de deux manières différentes :

  • comme une pratique réglementée de psychothérapeute (voir ci-dessus),
  • comme une pratique non réglementée, de développement personnel, de coaching ou de bien-être. Il s’agit alors d’une médecine douce ou « thérapie alternative ». Dans ce cas, aucun diplôme n’est obligatoire.

Il existe deux filières permettant d’obtenir un diplôme d’art-thérapeute : l’école privée, ou l’université (DU d’art-thérapie). Les écoles privées sont très nombreuses, présentes dans les différentes branches de l’art-thérapie, et délivrent des diplômes non reconnus.

Dans tous les cas, pour être crédible, l’art-thérapeute devra justifier de connaissances, d’expérience et de références solides. Il est préférable qu’il soit psychothérapeute (« psychopraticien ») ou professionnel de santé pour pouvoir vivre de son activité.

La demande d’art-thérapie en France.

L’art-thérapie s’adresse principalement à deux types de publics :

  • les personnes en difficulté ou en souffrance : personnes âgées ou dépendantes, handicapées mentales (autistes, trisomiques…), personnes ayant subi un choc ou un traumatisme, personnes dépressives,
  • les personnes en demande de développement personnel : adultes, mais aussi enfants et adolescents.

Le champ d’application de l’art-thérapie est en effet très large :

  • troubles psychiques,
  • maladies mentales,
  • mal-être, stress ou anxiété,
  • deuil,
  • troubles de l’expression, de la communication ou de la relation,
  • phobie sociale,
  • relaxation, etc.

La demande d’art-thérapie est actuellement en forte progression. Toutefois les art-thérapeutes qui ne bénéficient pas d’un titre reconnu peuvent parfois mettre plusieurs années à se constituer une clientèle stable.

Les qualités et les facteurs clés de succès pour un art-thérapeute.

Les art-thérapeutes qui génèrent des revenus suffisants sont ceux qui arrivent, par la qualité de leur travail, leurs résultats et leur sens relationnel, à développer un bouche-à-oreilles suffisant. L’art-thérapeute non diplômé se trouvera en concurrence avec des art-thérapeutes professionnels de la santé diplômés, qui bénéficieront d’une crédibilité supérieure.

Un bon art-thérapeute doit développer les qualités suivantes :

  • créativité,
  • sens de l’écoute, empathie,
  • curiosité et ouverture d’esprit,
  • capacité d’adaptation.

Voici quelques conseils pour réussir son activité d’art-thérapeute :

  • se spécialiser sur un public spécifique, ayant des attentes particulières,
  • opter si possible pour un cabinet partagé avec d’autres professionnels (médecins, psychiatres, psychologues…), qui pourront jouer le rôle de prescripteurs,
  • acquérir ou développer des connaissances complémentaires, par exemple en psychologie ou en sophrologie,
  • développer des activités et prestations annexes, par exemple le coaching.

Les tarifs de l’art-thérapeute.

Les tarifs appliqués par les art-thérapeutes varient en fonction du lieu, des publics visés et des compétences / diplômes du praticien.

Un art-thérapeute facture généralement ses prestations entre 40 € et 60 € la séance individuelle, et environ 100 € de l’heure pour une séance collective (ateliers).

Comment s’installer en tant qu’art-thérapeute : le statut juridique.

La profession d’art-thérapeute étant une activité libérale, l’enregistrement de l’entreprise se fera auprès du centre de formalité des entreprises (CFE) de l’URSSAF.

Un art-thérapeute seul peut envisager les différents statuts juridiques suivants pour s’installer :

  • La micro-entreprise (ex régime auto-entrepreneur) : c’est un statut très simplifié et bien adapté pour un démarrage. A noter qu’il est possible de déclarer son début d’activité directement en ligne sur lautoentrepreneur.fr.
  • L’entreprise individuelle en nom propre (EI) : c’est un statut adapté mais qui peut réserver quelques surprises en terme de paiement des charges sociales ; en effet, ces dernières étant calculées sur les bénéfices, elles sont susceptibles de varier fortement d’une année à l’autre,
  • L’EIRL : même remarque que pour l’EI. Toutefois, l’EIRL permet de protéger son patrimoine personnel mieux qu’en EI (pas forcément utile pour une activité d’art-thérapeute),
  • L’EURL (SARL à associé unique) : c’est un statut plutôt adapté mais un peu surdimensionné. Le gérant détermine lui-même sa rémunération, qui sert de base au calcul des charges sociales,
  • La SASU : ce régime juridique est moyennement adapté car plus coûteux que l’EURL.

Enfin des statuts alternatifs à l’entreprise privée peuvent aussi être envisagés :

Les étapes de la création d’une activité d’art-thérapeute.

Voici les principales étapes pour s’installer comme art-thérapeute indépendant, à domicile ou en cabinet :

Enfin, la caisse de retraite des art-thérapeutes indépendants est normalement la CIPAV.

 

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