S’installer psychomotricien en libéral

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Comment s’installer en tant que psychomotricien en cabinet ou à domicile ? Quels sont les facteurs-clés de succès et quelle est la réglementation de la profession de psychomotricien ? Quels diplômes, quel statut juridique et quels tarifs pratiquer ?

Définition : Le psychomotricien est un professionnel de santé de la famille des métiers de soins. Exercée à titre indépendant, c’est une profession libérale réglementée.

La psychomotricité a pour objectif de développer et d’harmoniser les fonctions motrices, sensorielles, affectives et relationnelles de la personne, en vue de favoriser son bien-être et son adaptation à l’environnement. C’est une approche de soin globale qui favorise l’harmonie du corps avec l’esprit.

Voici tout ce qu’il faut savoir pour ouvrir son cabinet de psychomotricité.

La règlementation de la profession de psychomotricien.

Le métier de psychomotricien est réglementé : c’est une profession libérale soumise au Code de la Santé.

Le diplôme d’Etat de psychomotricien.

Il est obligatoire de détenir le diplôme d’Etat de psychomotricien pour créer son propre cabinet libéral. Il se prépare en trois ans dans un Institut de formation agréé par le Préfet de région ; la formation est soumise à des épreuves d’admission et il faut être titulaire du Bac ou du DAEU. La formation peut être complétée par un diplôme universitaire de psychomotricité ou de psychothérapie.

Les démarches d’installation en tant que psychomotricien.

Le futur psychomotricien libéral doit accomplir deux étapes administratives majeures pour s’installer :

  • faire valider son diplôme à la DTARS (Division Territoriale de l’Agence Régionale de Santé) pour obtenir un numéro professionnel ADELI et une carte professionnelle (CPS),
  • se déclarer à l’URSSAF et à la CIPAV (caisse de retraite concernée pour cette profession).

A noter qu’il est inutile de s’inscrire auprès de la CPAM car les actes de psychomotricité ne sont pas remboursés.

La psychomotricité en France : éléments de marché.

On compte environ 12 000 psychomotriciens en France. 85 % sont des femmes.

La répartition géographique est très inégale : alors que la densité est bonne en Ile-de-France, en Rhône-Alpes, dans la vallée de la Garonne et sur la côte atlantique, elle est beaucoup plus faible dans le centre et l’Est de la France.

Les psychomotriciens s’adressent à des publics très différents :

  • les bébés (lien enfant-parent, déficiences, handicap, troubles…),
  • les enfants (difficultés et troubles d’apprentissage, dyspraxie, dysgraphie, handicap…),
  • les adolescents (troubles relationnels et comportementaux, troubles de la personnalité, image de soi…),
  • les adultes (stress, angoisse, dépression, troubles, handicap, hospitalisation…),
  • les personnes âgées (perte d’autonomie, équilibre, post-chute, mémoire, démences, troubles divers, handicap…).

La psychomotricité bénéficie d’un potentiel de marché grandissant du fait :

  • d’une bonne natalité,
  • de l’augmentation du nombre de personnes âgées,
  • d’une meilleure connaissance de cette profession par le grand public.

La psychomotricité n’est pas remboursée par la CPAM, sauf cas particuliers. Cependant, de plus en plus de mutuelles prennent en charge les séances de psychomotricité.

Qualités et facteurs clés de réussite pour un psychomotricien.

Les qualités essentielles d’un bon psychomotricien sont les suivantes :

  • patience,
  • écoute,
  • capacité d’adaptation à toutes les situations, notamment pour le choix des techniques de développement psychomoteur (relaxation, expression, toucher, médiation…),
  • équilibre personnel,
  • bonne condition physique,
  • rigueur, capacité à organiser et à gérer une petite entreprise libérale.

Le psychomotricien devra aussi entretenir de bons rapports avec ses différents prescripteurs : maisons de retraite, médecins, corps enseignant, hôpitaux et cliniques…

Suite à son installation, le psychomotricien devra produire des efforts pour se faire connaître, sans se décourager. Le bouche-à-oreille prendra le relai si les prestations sont de qualité. La plaque professionnelle reste un moyen  efficace pour se faire connaître en centre-ville. Pensez également à vous inscrire dans différents annuaires : Pages Jaunes et Google My Business.

Les investissements et les charges liées au lancement et à l’exercice de l’activité.

A l’installation, le psychomotricien devra faire face à certaines charges :

  • mobilier et décoration,
  • fournitures et équipement de bureau,
  • éventuels travaux dans le local ; à noter que le local devra respecter les normes d’accessibilité, ce qui peut entrainer des coûts supplémentaires.
  • matériel pédagogique : matériel et jeux de motricité notamment,
  • frais annexes : frais d’acte chez le notaire, frais de rédaction du bail professionnel…

Les recettes annuelles moyennes d’un psychomotricien s’établissent à 40 000 €, pour moins de 20 000 € de bénéfice.

Les tarifs du psychomotricien libéral.

Les tarifs pratiqués par les psychomotriciens varient principalement en fonction du lieu d’installation :

  • premier entretien préalable : environ 40 €
  • bilan psychomoteur jeune enfant : entre 70 et 130 €
  • séance jeune enfant (30 min) : entre 25 et 45 €
  • bilan psychomoteur enfant/adolescent  : entre 80 et 140 €
  • séance enfant/adolescent (45 min) : entre 35 et 65 €.

S’installer psychomotricien libéral : le statut juridique.

La profession de psychomotricien étant une activité purement libérale, l’enregistrement de l’entreprise se fera auprès du centre de formalité des entreprises (CFE) de l’URSSAF.

A noter que le statut d’auto-entrepreneur ou micro-entrepreneur est possible pour un psychomotricien libéral, même s’il s’agit d’une activité libérale réglementée.

 Un psychomotricien peut envisager différentes formes juridiques pour s’installer :

  • La micro-entreprise (ex régime auto-entrepreneur) : c’est un statut très simplifié et bien adapté pour un démarrage. Le début d’activité peut se faire directement en ligne sur lautoentrepreneur.fr. Le psychomotricien auto-entrepreneur doit déclarer mensuellement ou trimestriellement ses recettes encaissées à l’URSSAF et à la caisse de retraite CIPAV. La gestion est très simple et fiscalement avantageuse. Le seuil de chiffre d’affaires à ne pas dépasser est de 70 000 € par an.
  • L’entreprise individuelle s’il est seul : revenus imposés au barème de l’impôt sur le revenu (IR) en tant que Bénéfices Non Commerciaux (BNC),
  • La société d’exercice libéral (SEL, SELURL, SELARL, SELAS, SELASU) : voir notre article dédié.

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