S’installer orthophoniste libéral : tout savoir

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Comment s’installer en tant qu’orthophoniste ou ouvrir un cabinet d’orthophonie ? Quels sont les facteurs-clés de succès et quelle est la réglementation de l’orthophonie ? Quels diplômes, quel statut juridique et quels tarifs pratiquer ?

Définition : L’orthophonie est une profession de santé relevant de la famille des métiers de soins.

S’installer orthophoniste consiste à prévenir, évaluer et traiter les difficultés ou troubles :

  • du langage oral et écrit et de la communication,
  • des fonctions oro-myo-faciales,
  • des autres activités cognitives dont celles liés à la phonation, à la parole, au langage oral et écrit, à la cognition mathématique,
  • à maintenir les fonctions de communication et de l’oralité dans les pathologies dégénératives et neuro-dégénératives,
  • à dispenser l’apprentissage d’autres formes de communication non verbale permettant de compléter ou de suppléer les fonctions verbales.

Voici tout ce qu’il faut savoir pour créer son cabinet d’orthophonie.

La règlementation de la profession d’orthophoniste.

Le métier d’orthophoniste est réglementé : c’est une profession libérale réglementée soumise au Code de la Santé. En conséquence, il ne sera pas possible de s’installer en auto-entreprise ou micro-entreprise.

Le certificat de capacité d’orthophoniste.

Vous devez impérativement être détendeur d’un certificat de capacité d’orthophoniste pour créer votre propre cabinet. Il s’obtient après 5 ans d’études post-bac, mais le concours d’entrée est assez sévère : moins de 10 % des candidats sont admis à l’issue de cet examen d’aptitude. Il existe 18 centres de formation en France.

Les démarches d’installation orthophoniste.

Le parcours du futur orthophoniste libéral implique diverses étapes administratives à accomplir pour son installation :

  • faire valider son diplôme à la DTARS (Division Territoriale de l’Agence Régionale de Santé) pour obtenir un numéro professionnel ADELI et une carte professionnelle (CPS),
  • s’inscrire en tant qu’assuré social à la CPAM, au régime d’Assurance Maladie des Praticiens et auxiliaires Médicaux Conventionnés, pour recevoir les fiches de soin pré-remplies,
  • se déclarer à l’URSSAF pour le recouvrement des cotisations sociales,
  • s’affilier à la CARPIMKO (Caisse d’Allocations Retraites et Prévoyance des infirmiers, Masseurs-Kinésithérapeutes et Orthophonistes) : c’est la caisse obligatoire pour cette profession,
  • se déclarer à la CNIL si les informations des patients font inscrites informatiquement.

Afin de rééquilibrer la démographie des orthophonistes sur le territoire, l’État propose des mesures incitatives pour une installation en zone sous dotée ou très sous dotée, comme la prise en charge d’une partie des cotisations sociales et/ou la participation à l’équipement du matériel (jusqu’à 3 000 € par an pendant 3 ans).

L’orthophonie en France : éléments de marché.

Au 1er janvier 2016, le répertoire ADELI dénombre  24 466 orthophonistes en France (19 820 libéraux ou mixtes, 1 813 hospitaliers et 2 743 autres salariés). 96,7 % sont des femmes.  En nombre, les orthophonistes représentent 4% de l’ensemble des professionnels de santé.

D’après les dernières données de la DREES, au 1er janvier 2016 80% des orthophonistes exerçaient en cabinet libéral individuel et en cabinet de groupe.  Le mode d’exercice salarié est donc minoritaire et se répartit en secteur hospitalier public ou privé, centres de santé et établissements pour handicapés.

La croissance des effectifs est de l’ordre de 4% par an. L’âge moyen des professionnels est de 43,1 ans. La densité moyenne est de 36,9 orthophonistes pour 100 000 habitants.

La profession d’orthophoniste est de mieux en mieux reconnue et considérée ; elle bénéficie d’un potentiel de marché très important du fait :

  • de l’augmentation du nombre de personnes âgées et des troubles neurodégénératifs,
  • de l’augmentation du nombre de personnes souffrant de maladies cérébrales de longue durée ou ayant été victimes d’accidents vasculaires cérébraux,
  • de la diminution de la durée des séjours en hôpital, qui nécessite de continuer les soins à domicile.

Qualités et facteurs clés de réussite pour un orthophoniste.

Les qualités essentielles d’un orthophoniste consistent à :

  • être patient,
  • s’adapter à toutes les situations,
  • être à l’écoute,
  • être dynamique,
  • avoir des compétences en grammaire, orthographe, mathématiques, dessin, musique,
  • être psychologiquement fort et équilibré.

L’exercice de la profession ne se fait que sur prescription médicale. Il est donc indispensable d’établir et entretenir des bons rapports avec les différents prescripteurs éventuels : maisons de retraite, médecins, hôpitaux publics, cliniques privées, instituts médico-pédagogiques…

Une fois installé, il faut bien entendu vous faire connaître auprès des patients. Le bouche-à-oreille fonctionne très bien dans la profession. La plaque professionnelle reste un moyen simple et efficace pour se faire connaître puisque vous pouvez faire apparaître votre nom, profession et coordonnées. Pensez également à vous inscrire dans différents annuaires, en privilégiant les Pages Jaunes et Google My Business.

Quelques points clés pour réussir son activité d’orthophoniste.

Les investissements et les charges orthophoniste libéral.

A l’installation, l’orthophoniste doit disposer de 3 mois de chiffre d’affaires environ pour faire face à certaines charges : travaux, mobilier, matériel pédagogique et frais annexes (droits d’enregistrement, frais d’acte chez le notaire, frais de rédaction du bail professionnel).

Il faut également financer le local et à ce propos suivre quelques règles : la pièce de consultation doit être insonorisée afin de garantir la confidentialité nécessaire et l’éclairage doit être adapté.

Contrairement aux autres professions paramédicales, la création d’un cabinet d’orthophonie nécessite un faible investissement car il n’y a pas de matériel coûteux à acquérir.

Les tarifs de l’orthophoniste libéral.

Les tarifs pratiqués par les orthophonistes varient assez peu en fonction du lieu d’installation et de l’expérience.

Un bilan orthophonique coûte en moyenne 60€.

Sachant que la séance aura été prescrite généralement par un médecin, elle sera totalement prise en charge par la sécurité sociale (60%) et la mutuelle (40%).

S’installer orthophoniste libéral : le statut juridique.

La profession d’orthophoniste étant une activité purement libérale, l’enregistrement de l’entreprise se fera auprès du centre de formalité des entreprises (CFE) de l’URSSAF.

A noter que le statut d’auto-entrepreneur ou micro-entrepreneur est interdit, car il s’agit d’une activité libérale réglementée soumise au Code de la Santé.

 Un orthophoniste peut envisager différentes formes juridiques pour s’installer :

  • L’entreprise individuelle s’il est seul : revenus imposés au barème de l’impôt sur le revenu (IR) en tant que Bénéfices Non Commerciaux (BNC),
  • La société d’exercice libéral (SEL, SELURL, SELARL, SELAS, SELASU) : voir notre article dédié,
  • A noter qu’il n’est pas possible de s’installer en société civile professionnelle (SCP).

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